dimanche 4 septembre 2011

Pourquoi il faut voter à la primaire du PS

La primaire du PS et la présidentielle de 2012 sont un enjeu crucial pour notre démocratie et notre République. Tout simplement parce que l’une et l’autre sont gravement menacées par le système Sarkozy. Il est donc indispensable de se saisir de l’opportunité que représente la consultation organisée par le PS.

Voter c’est la liberté
Tordons tout d’abord le coup aux Cassandre qui nous serinent à longueur de blogue, de chroniques ou d’articles plus ou moins bien inspirés que les élections, grandes ou petites, sont inutiles, truquées, biaisées ou que sais-je encore ; qu’il est vain de s’y intéresser et tout aussi vain de perdre son temps à glisser son bulletin dans une urne.

Le refrain est bien connu, il vise à déculpabiliser les abstentionnistes — à les déresponsabiliser — en distillant l’idée que tout est joué d’avance et qu’une malheureuse voix ne changera jamais la société.

Ne tombons pas dans ce piège : il y a là un double sophisme, l’un des plus pernicieux qui soient. Il n’a pas d’autre but que nous inciter à abandonner notre pouvoir souverain, arraché il n’y a pas si longtemps dans le sang et les larmes aux castes dominatrices, et de nous livrer pieds et poings liés ni plus ni moins qu’à une certaine forme de dictature.

Les dictatures, qu’elles soient de gauche ou de droite sont toutes nauséabondes. Il n’en existe aucune qui soit “éclairée”, aucune qui ne l’ait jamais été. Aucune. L’anarchie, la “dictature éclairée” ou la “dictature du prolétariat” ne sont que des utopies, de pures foutaises, du sable projeté dans les yeux de tous ceux qu’on espère asservir.

Il est ensuite entièrement faux de prétendre qu’une voix, seule, ne peut rien changer. Une voix, un individu peuvent faire basculer le cours des événements. Quelques voix dans une urne suffisent pour défaire une majorité : tout est affaire de conviction. Quelques individus qui se rebellent dans la nuit de la répression suffisent à déclencher une révolution. Tout est affaire de courage, de ténacité.

Voter c’est sanctionner
Malgré les sophistes de tout poil, les désabusés, les aigris, les revanchards, les jaloux ; malgré ceux qui n’acceptent pas le verdict des urnes, les faussaires, les menteurs ; malgré les “responsables” qui font adopter par des voies détournées ce qui avait été rejeté lors d’un précédent scrutin ; malgré l’insconstance d’un corps électoral qui vote à 53 % contre un traité avant d’élire dans la foulée à 53 % le seul candidat qui promettait de le faire appliquer quoi qu’il advienne… malgré tout cela, oui, nous devons continuer à voter. Encore et toujours. Systématiquement.

Ne laissons personne nous convaincre que ça ne sert à rien. N’écoutons pas ceux qui nous disent qu’il est “dépassé” d’aller voter chez nous mais qui, dans le même temps, s’enflamment pour les peuples qui se soulèvent (à juste titre) contre un tyran au nom de la liberté, et réclament pour eux droit de vote et démocratie… Ce qui serait bon pour les uns ne le serait donc plus pour les autres ?

Mais regardons un instant le comportement de nos politiques à l’approche d’une élection. En général, ils ont peur de perdre leur mandat, leur majorité. Ils ont peur de la sanction du peuple. C’est bien la preuve que voter reste utile : si nous voulons préserver notre liberté, ils doivent continuer d’avoir peur.

Voter c’est décider
Voilà pourquoi nous devons nous emparer de chaque consultation, quelle qu’en soit la nature. Pour nous exprimer. Parce que si nous ne le faisons pas, ce sont ceux qui votent qui s'expriment à notre place. Et parce que si nous ne votons pas, un beau jour nous ne pourrons plus voter, c’est aussi idiot que ça.

Devant le taux d’abstention toujours plus fort, les gouvernements auront de moins en moins peur du peuple. Ils finiront par se sentir totalement libres de décider que les élections, effectivement, ça ne sert plus à rien. Et qu’il vaut mieux les supprimer. Pour économiser, par exemple. Pourquoi pas ? Organiser des élections, ça coûte cher. Et si plus personne ne se déplace, alors autant s’en passer…

Aujourd’hui, nous avons deux échéances devant nous. Et la primaire du PS — peu importent les raisons pour lesquelles elle a été décidée, peu importe que son organisation souffre actuellement de la mauvaise volonté de certaines instances — ne doit pas être ignorée. Nous n’avons pas le droit, après cinq ans de sarkozysme, de laisser tomber le seul parti d’opposition en mesure de nous débarrasser de ce dangereux histrion et de son équipe de bras cassés.

Le premier pas pour changer
Qu’on soit de gauche, du centre ou de droite humaniste, nous sommes désormais une écrasante majorité dans ce pays qui ne veut plus de l’histrion et de son système, de sa mafia clientéliste, de ses méthodes d’intimidation dignes d’une république bananière, de ses rodomontades ridicules jamais suivies d’effet, de son incompétence crasse, de son esprit tordu, de sa perversité délétère.

Nous en avons assez. Assez d’avoir honte de sa vulgarité. Assez de ses collusions avec les puissances de l’argent. Assez de découvrir chaque jour de nouveaux mensonges, de nouvelles affaires, de nouvelles barbouzeries. Son bilan est calamiteux. Rien n’est valable. Rien n’est juste. Il n’est que renoncements successifs, louvoiements erratiques et échecs patentés. Il ne mérite qu’un zéro pointé assorti d’un avertissement. En rouge, l’averto. Souligné trois fois. Juste avant expulsion définitive pour cause de tricheries et de manquements répétés.

Commençons par l’avertissement. Commençons par sévèrement souffleter le faraud en allant massivement voter aux primaires du Parti Socialiste, toutes couleurs politiques confondues. Plus nous serons nombreux, plus la paire de claques sera cinglante. Et ainsi, le résultat définitif de ces primaires donnera une puissante légitimité à la candidature d’opposition aux présidentielles.

Et quand bien même on ne serait pas socialiste, quand bien même on ne serait pas (entièrement) satisfait par le programme du PS — ce qui est mon cas —, songeons à quel point il sera jouissif de rappeler à l’histrion que c'est lui qui nous doit des comptes. Que les maîtres, c’est encore nous : le peuple qui vote, les citoyens qui se mobilisent, les voix seules, les voix uniques qui dans une urne s’additionnent une à une.

Des sondages absurdes
Enfin, ne nous fions pas davantage aux sondages. La primaire du PS, telle qu’elle est conçue, constitue un événement inédit. En ce sens, tous les sondages qui sont publiés en ce moment sont ineptes. Les sondeurs eux-mêmes le reconnaissent : pour qu’un sondage ait de la valeur, il faut un référent. Une situation similaire, antérieure, avec laquelle on peut le comparer. La prochaine présidentielle avec la ou les précédentes, par exemple.

Or, à ce jour, nulle primaire ouverte à l’ensemble du corps électoral n’a encore jamais été organisée en France. On n’a pour l’instant aucune idée du niveau de participation effectif. Entre les sympathisants du PS, les sympathisants de gauche, les électeurs potentiels (c’est-à-dire l’ensemble des inscrits sur les listes électorales), ceux qui se disent certains d’aller voter, ceux qui ne le savent pas encore et ceux qui se décideront à la dernière minute, il y a infiniment trop de variables et d’inconnues pour élaborer la moindre équation sensée.

Et de fait, la disproportion que révèle le résultat de ces “sondages” selon la population d’électeurs prise en compte rend caduque toute prévision. Ce qui n’empêche pas les sondeurs de continuer d’en faire… Même dans le cas d’une primaire “fermée” comme le fut celle des écologistes (fermée dans le sens : réservée aux militants), le résultat des urnes a une fois de plus déjoué tous les pronostics. Les sondages n’ont jamais fait et ne feront jamais une élection.

La primaire aura lieu les 9 et 16 octobre : à vos bulletins, citoyens !

9 réaction(s):

  1. Qu'est-ce qu'y faut-y faire, concrètement ? Est-ce qu'ils offrent une collation, après ?

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  2. Une très fine analyse de l'importance du vote !!! C'est un droit, une nécessité.
    Pour Laurent quelques explications
    Merci Deef.
    bisous.

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  3. N'oublions pas que dans 53, il y a 47. 47 qui savent ce qu'ils veulent et ne se déjugent pas.
    Les six de plus, c'est à dire les trois qui font la différence, il faut leur pardonner, ils y sont allés et ont fait ce qu'ils croyaient bon.
    Je suis curieux de connaître le résultat de cette expérience à l'américaine, donnée perdante par des politologues. C'est démocratique, mais est-ce latin? Nous verrons. Sauf résultat litigieux, l'élu(e) pourrait acquérir une légitimité inédite. Moi j'irai, puisque je n'ai pas varié depuis mon premier vote en 81.
    J'espère que les plus jeunes seront là aussi.

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  4. Laurent : alors concrètement, voter c'est se rendre au bureau de vote, prendre les bulletins, aller dans l'isoloir, mettre un des bulletins dans l'enveloppe, sortir de l'isoloir, glisser l'enveloppe dans l'urne, signer le registre. Tu crois que tu sauras faire ? :p
    PS. Non, la collation, c'est pas compris. Tu confonds avec le don du sang.
    Marité : je dirais même plus, c'est un devoir...
    Flavien : je ne suis pas certain qu'on puisse analyser les pourcentages comme tu le fais, mais bon^^

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  5. Bien qu'un peu brutal, mais c'est le ton qui convient à l'époque, cet article est l'un des plus intelligents que j'ai lus sur le thème de la nécessité de voter.
    Avec la conduite sur route, c'est l'un de mes sujets de tension favoris avec certains de mes amis :))
    Sébastien h.

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  6. belle diatribe !
    .. tu m'as convaincue

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  7. D'accord et je voterais pour la Présidentielle, mais, pour la Primaire, il y a les 1€ et la signature d'un papier ; ce n'est pas la démocratie.

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  8. Wow, ça c'est du billet citoyen !

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  9. Seb : la route, oui, un autre haut lieu de brutalité...
    Wizzil : cool :)
    Olivier : une participation d'1€ et la signature d'une charte de valeurs non contraignante, ce n'est pas la démocratie ? Il faut arrêter de dire n'importe quoi. Une élection, quand elle est organisée dans les règles, c'est toujours démocratique. Le PS n'a pas les moyens de l'État et cette participation symbolique, ce n'est pas la mer à boire et ça peut tout simplement l'aider à financer une partie des frais. De plus, que crois-tu ? Que l'État ne nous fait pas payer les autres élections ? Mais nous les payons avec nos impôts. Quand à la signature : y a-t-il un mot que tu ne comprends pas dans "non contraignante" ?
    Tambour Major : voui ;-)

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